La misophonie : la « haine » des bruits.

« Si un bruit vous ennuie, écoutez-le. » John Cage

Et si la sophrologie vous le permettait ?

Le tic-tac d’une horloge, des bruits de mastication, un chien que se lèche, le bruit d’une fourchette sur les dents, le clic-clac d’un stylo, des pas sur du gravier… quand les bruits rendent dingue !

Ce qui est très souvent pris pour un caprice, une lubie, se révèle être un handicap social pour les personnes concernées. La misophonie est un trouble lors duquel les stimuli auditifs ne sont pas interprétés correctement par le système nerveux central. Cette atteinte neuropsychique est consécutive à un dérèglement du cortex cingulaire antérieur et du cortex insulaire, qui, pour faire simple,  influencent la colère, la douleur et l’information sensorielle.

Cette Echelle permet d’évaluer le degré d’activation de la misophonie, et les manifestations consécutives.

Agacement, irritabilité, dégoût, colère, voire violence physique et/ou verbale : les réactions à ses petits bruits anodins du quotidien sont variables.

De la simple gêne aux manifestations hystériques, le degré de perception est évolutif. Les techniques d’évitement sont les principales ressources pour se préserver, et elles ne sont pas sans conséquence. S’éloigner de quelques mètres est un début, mais certaines personnes sont contraintes à l’isolement.

Moquerie, rejet, ostracisme…l’incidence psychologique et émotionnelle du jugement environnemental, même exprimé a minima, est évidente.

« Si un bruit vous ennuie, écoutez-le. »

Cette phrase de John Cage (1912-1992), plasticien acousticien américain, me semble être un préambule intéressant à la proposition sophrologique dans le cadre d’un accompagnement dédié aux misophones.

Dans un premier temps, le niveau de gêne sera évalué, les contextes qui sont les plus agressifs seront identifiés. Prendre conscience des éléments limitants permet, dans un second temps, de valoriser les potentiels.

Et c’est dans cette dynamique que la Sophrologie propose différentes méthodes, notamment de substitution sensorielle susceptibles d’accompagner, de limiter, de canaliser les manifestations inhérentes à la misophonie.

Des exercices de respiration peuvent aussi être proposés pour atténuer et accueillir dans de meilleures conditions les pics de stress ou d’angoisse liés au trouble.

Il s’agira, comme souvent, de « faire au mieux pour faire avec à défaut de pouvoir faire sans ».


Il convient de différencier :

La misophonie

La miso- (haine) phonie (son) signifie une forte réaction à certains sons. Elle ne doit pas être confondue avec l’hyperacousie où le son est perçu comme anormalement bruyant ou physiquement douloureux. L’hyperacousie et la misophonie sont des troubles liés à « une diminution de tolérance du son ». Cependant, l’hyperacousie est une condition où l’information auditive est insupportablement forte. En ce qui concerne la misophonie, c’est la répétition de sons qui est intolérable.

L’hyperacousie

On les qualifie souvent les hyperacousiques d’hypersensibles voire d’hystériques, et selon une idée fausse très répandue, « leur sens de l’ouïe est trop développé ».

Les hyperacousiques ont en réalité une audition parfaitement normale. Ils n’entendent pas mieux que les autres, mais tolèrent en fait beaucoup moins certains sons et niveaux sonores qui ne sont pourtant pas considérés comme trop forts. Chez certains patients, cette hypersensibilité se manifeste à partir de 25 dB. Le diagnostic est rendu difficile par le fait que les équipements de test habituels ne sont sensibles qu’à des niveaux sonores plus élevés, d’au moins 80 dB. Se développant très jeune, elle demande une vigilance chez les très jeunes enfants.

La phonophobie

La phonophobie est une crainte des sons forts, ne relevant pas d’un trouble de l’audition. La phonophobie est une sorte d’anxiété pouvant aller jusqu’à  l’angoisse, par un mécanisme de surprise et/ou d’anticipation du bruit (un ballon que l’on gonfle et qui peut éclater…).


Cet article de la Revue Médicale Suisse est complété de l’étude d’un cas clinique représentatif : https://www.revmed.ch/RMS/2015/RMS-N-462/La-misophonie-ou-l-aversion-pour-le-bruit-a-propos-d-un-cas-clinique


Et par ici, le site d’une association Stop Misophonie qui propose de nombreux articles, très intéressants : http://misophonie.fr/

2 réflexions sur « La misophonie : la « haine » des bruits. »

  1. Bonjour Stéphanie,
    Je suis sophrologue, et je souffre de misophonie.
    Merci pour cet article. On connait peu la misophonie et il y a beaucoup d’informations intéressantes dans votre article : la notion de handicap social, la différenciation entre misophonie, hyperacousie et phonophobie, entre autres.

    La « Haine » du bruit, pour moi, ne me parle pas ; je ressens de la souffrance. Je parlerais même de phobie.

    Ce que j’essaye d’expliquer, à ceux qui tentent de me comprendre, c’est que, ces bruits, si la majorité des gens les entendent en deuxième plan, moi, je les perçois en premier plan. Cela m’empêche d’être attentive quand on me parle.
    Mais, comme vous le précisez, il ne s’agit pas d’hyperacousie. Il s’agit de la perception qu’on a du bruit.

    D’ailleurs, je focalise sur le bruit, mais finalement, également sur la façon très précise dont la personne va l’émettre : comment elle mâche, comment elle claque la langue, … et c’est plus fort que moi. C’est ce qu’on appelle la synesthésie, comme vous le disiez par ailleurs.

    Par contre, si j’entends un bruit qui ressemble à de la mastication me faisant souffrir dans un premier temps, et je réalise qu’il s’agit de tout à fait autre chose (souvent le tout à fait autre chose, c’est surtout si ce n’est pas humain), je me calme. Pourtant le bruit, continue, mais ne me fait plus souffrir. Il passe même au second plan. Il s’agit donc, encore une fois, de perception, mais intellectuelle…

    Un ORL me faisait remarquer que certains bruits que je supporte, comme le bruit des avions qui survolent quotidiennement mon domicile, alors que d’autres personnes ne les supportent pas.
    La piste d’accompagnement serait, comme en PNL, d’essayer de faire basculer la perception physique et psychologique qu’on a d’un bruit gênant sur le même niveau que la perception qu’on a d’un bruit très bien supporté.

    J’ajoute que la PNL peut être un outil utilisé dans les exercices de sophrologie.

    Pour moi, l’accompagnement de sophrologie d’un client souffrant de misophonie, est un accompagnement du comportement phobique. La substitution sensorielle dont vous parlez, selon mon avis, est importante et doit être complétée par la correction sérielle.

    Aimé par 1 personne

    1. Un grand merci Sandra, de votre retour qui apporte informations et précisions. Le sujet est vaste, la considération rare, et les témoignages tout autant. Soyez la bienvenue sur ce blog. Au plaisir d’autres échanges !

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